Appareil photo moyen format TLR 6x6 Rolleiflex

Test du Rolleiflex 2.8D (Rollei)



Rollei, fabricant allemand prestigieux, est à l’origine d’une légendaire série d’appareils photo moyen format bi-objectifs, les Rolleiflex. Leur production a débuté dès la fin des années 1920 et se poursuit encore de nos jours. C’est dire s’ils ont laissé leur empreinte dans l’histoire de la photographie. Intéressons-nous à un modèle ouvrant à f/2.8, le Rolleiflex 2.8D, qui date des années 1955-1956.

Design

Le Rolleiflex est un boîtier Twin Lens Reflex (TLR) iconique, très probablement le plus célèbre, le plus emblématique de sa catégorie. Deux objectifs sont superposées en façade sur ce boîtier à la forme étirée en hauteur. L’objectif du dessus est l’objectif de visée, qui permet de composer son image sur le verre dépoli. L’objectif du bas est celui qui prend la photo, fixe l’image sur pellicule. La visée s’opère par le dessus, en tenant l’appareil à deux mains à hauteur de la poitrine.

Rolleiflex 2.8D et film TriX 400 de Kodak.

Rolleiflex 2.8D et film TriX 400 de Kodak.

La qualité de fabrication et la finition de l’objet sont remarquables. Le boîtier est clinquant avec ses parties chromées et son revêtement de cuir noir. Cet appareil bi objectif ne manque jamais d’attirer de la curiosité autour de vous, et génère même un élan de sympathie spontanée lors de vos sorties photo. Bien peu de gens restent insensibles au charme vintage d’appareil photo de ce calibre.

Les deux grandes séries de Rolleiflex qui ont vu le jour se distinguent par leur ouverture de diaphragme maximale. L’une était équipée d’un objectif ouvrant à f/3.5, l’autre à f/2.8. Le Rolleiflex 2.8D appartient, comme son nom l’indique, à la seconde catégorie.
Les Rolleiflex de la série f/2.8 sont plus imposants que les Rolleiflex de la série f/3.5. Le Rolleiflex 2.8 D affiche des dimensions de 10,5 x 9,9 x 14,6 cm. Et pèse par ailleurs 1,140 kg. Avec ces caractéristiques, le Rolleiflex 2.8D n’est pas le TLR le plus compact qui soit, mais tout amoureux de ce type de boîtier moyen format 6×6 saura lui ménager une place de choix dans son sac photo.

Fonctions et réglages

Le fonctionnement est commun à tous les TLR de qualité.

Le dos de l’appareil s’ouvre et se ferme en poussant un loquet situé sous le boîtier. La pellicule de film 120 se charge au bas du boitier. Une bobine vide doit, elle, être placée dans la partie haute. Cette bobine recevra au fur et et à mesure de la prise de vue la pellicule, et quand vous ouvrirez de nouveau le dos pour récupérer votre film, c’est en haut que vous trouverez la pellicule terminée.

Sur la grosse molette présente sur le côté, avec laquelle vous effectuez la mise au point, vous pouvez régler la sensibilité du film et le type de celui-ci (couleur, noir et blanc…). Attention, il ne s’agit que d’un aide-mémoire, cela n’a aucune incidence sur vos photos. Il n’y a pas de cellule se basant sur ce que vous avez indiqué pour paramétrer l’exposition.

D’ailleurs il n’y a aucune cellule tout court, ni aucun automatisme intégré sur ce Rolleiflex 2.8D. Le réglage de l’exposition se fait manuellement, à l’aide de deux petites molettes placées sur la façade de l’appareil. Lorsque l’on tient celui-ci dans les mains, la molette de droite règle le temps de pose, celle de gauche sélectionne l’ouverture de diaphragme. On les fait tourner dans un sens ou l’autre pour choisir ses paramètres d’exposition. Les valeurs sélectionnées pour les deux paramètres sont visibles sur le dessus de l’appareil, sur le bord supérieur.

Le Rolleiflex 2.8D vu de dessus, avec le capot fermé. Les paramètres d'exposition sont clairement affichés : en rouge la vitesse d'obturation, en noir l'ouverture du diaphragme.

Le Rolleiflex 2.8D vu de dessus, avec le capot fermé. Les paramètres d’exposition sont clairement affichés : en rouge la vitesse d’obturation, en noir l’ouverture du diaphragme.

La visée se fait depuis le dessus, on relève le capot pour accéder au verre de visée. Le viseur, bien que spacieux, est comme sur beaucoup de TLR relativement sombre. Une loupe, que l’on peut mettre en place au-dessus du viseur, permet de gagner en précision, mais il est globalement difficile d’être réactif et véloce avec un tel appareil pour compagnon.

En début de pellicule et entre chaque vue, on avance le film à l’aide de la manivelle présente sur le cotée de l’appareil. Quand celle-ci se bloque on fait un tour vers l’arrière. L’obturateur est alors armé et prêt à déclencher. Ce système permet en outre de se prémunir de toute double exposition.

Le déclencheur se situe en bas sur le côté, il est facilement accessible avec votre pouce droit. Un petit loquet permet de le verrouiller et de se prémunir d’un déclenchement intempestif.

Certaines versions du Rolleiflex 2.8D sont équipées d’un objectif Xenotar (de fabrication Schneider), d’autres d’un objectif Planar (de fabrication Zeiss), des objectifs de 80 mm dans les deux cas. L’une et l’autre version ont leurs fervents défenseurs, les internets regorgent de discussions sans fins sur les vertus de chacune de ces optiques. Globalement la qualité d’image de l’appareil n’est pas sujette à débat. Les prédécesseurs et successeurs directs du Rolleiflex 2.8D jouissent d’une excellente réputation.

Rolleiflex 2.8D et Kodak 100 TMax. La qualité d'image produite par cet appareil datant des années 1950 force le respect...

Rolleiflex 2.8D et Kodak 100 TMax. La qualité d’image produite par cet appareil datant des années 1950 force le respect…

A savoir également

Attention, le pas de vis des Rolleiflex n’est pas standard et vous aurez besoin d’un adaptateur, le Rolleifix, pour monter le Rolleiflex sur trépied.

Des lentilles de close up, les rolleinars, peuvent être utilisées avec cet appareil pour vous affranchir de la distance minimale de mise au point qui est de 90 cm par défaut. Ces compléments optiques apportent une vraie valeur ajoutée et se révèlent indispensables pour réaliser des portraits serrés et photographier de petits sujets.

On trouve pour ce Rolleiflex, comme pour les autres, une sacoche de transport en cuir, fabriquée sur mesure et qui agit comme un étui de protection. Elle recouvre l’appareil et est percée de trous pour assurer l’accès aux différents contrôles. Si elle conforte le cachet vintage de l’objet, j’ai personnellement du mal à trouver un intérêt réel à cette sacoche de transport. L’appareil y rentre au chausse pied après chargement du film, puis il faut l’en extirper pour récupérer sa pellicule quand elle est terminée… Garder l’appareil dans son étui pour une durée prolongée est par ailleurs déconseillé, cela peut favoriser le développement de champignons qui coloniseront les lentilles des objectifs. Non, rien ne vaut un bon sac photo pour emmener en balade votre Rolleiflex.

Verdict

Le Rolleiflex est un incontournable du moyen format 6*6, aussi iconique que l’Hasselblad 500. Il est souvent considéré comme la Rolls Royce des TLR. Tout photographe s’intéressant à ce type de boîtiers se doit d’en essayer un. Le modèle, 2.8 D ou autre, est presque anecdotique. Faire tourner les rouages d’une aussi vieille mais respectable mécanique est un plaisir de fin gourmet.

Avantages et inconvénients du Rolleiflex 2.8D

On aime

  • Qualité de fabrication et robustesse
  • Qualité des images
  • Joie de manipuler un objet des années 1950

On aime moins

  • TLR relativement volumineux pour sa catégorie
  • Viseur terne, peu lisible, comme sur tous les TLR

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*