Appareil 6x6 moyen format Rolleiflex T

Test du Rolleiflex T (Rollei)



Lancé à la fin des années 1950 et évoluant à travers plusieurs séries successives jusqu’au milieu des années 1970, le Rolleiflex T a initialement été conçu comme un Rolleiflex à prix modeste, plus abordable que les luxueux modèles de la série F. Il se rapprochait donc du Rolleicord, modèle adressé au grand public.

Design

Le Rolleiflex T s’inscrit dans la catégorie des appareils TLR, ou reflex bi objectif. Ces appareils moyen format utilisent du film 120. Vertical, presque monolithique, le Rolleiflex T intègre deux objectifs, disposés l’un au dessus de l’autre. Le plus haut est l’objectif de visée, celui à travers lequel on compose son image. Le second, celui du bas, est l’objectif de prise de vue, celui qui fixe l’image sur pellicule.

La visée s’effectue par le dessus, en tenant l’appareil dans ses deux mains, à hauteur de la poitrine.

Un système et une allure qui revêtent aujourd’hui un savoureux charme rétro. Les matières utilisées sont nobles et la qualité de fabrication a contribué pour beaucoup à bâtir la notoriété du constructeur, Rollei. Ces appareils traversent les âges, pour peu qu’on leur accorde le soin et l’attention nécessaires.

Le Rolleiflex T a été décliné en deux coloris différents : dans l’habillage noir traditionnel des Rolleiflex, et en gris.

Fonctionnement

Chargement du film

Pour accéder à l’intérieur du boîtier et y charger une pellicule de film 120, vous devez déverrouiller le petit loquet situé sous l’appareil. Positionnez votre pellicule en bas, déroulez le film en tirant sur la languette jusqu’à l’insérer dans une fente de la bobine vide que vous aurez préalablement placée en haut. Puis tournez la manivelle pour avancer le film. Continuez jusqu’à ce que le trait ou les flèches présents sur le film soient calés au niveau des points rouges, puis refermez le dos et verrouillez-le.

Après cela vous devez de nouveau avancer votre film avec la manivelle, jusqu’à parvenir à la première pose, c’est à dire au 1 sur le compteur de vues.

Réglage de la sensibilité du film

Vous pouvez, à l’aide d’un disque présent sur le centre de la grosse molette de mise au point, renseigner le type de film et la sensibilité de celui-ci. Sachez toutefois que cela n’a aucun impact sur votre image. Il s’agit simplement d’un aide mémoire, qui a pour but de rappeler au photographe le type de film chargé dans l’appareil. En effet, lorsqu’une pellicule a été entamée mais que l’appareil a été mis de côté pendant un temps, il arrive que l’on ait un doute sur le type de film qui s’y trouve.

Un portrait fait avec le Rolleiflex T, un Rolleinar 1 et du film TriX 400

Un portrait fait avec le Rolleiflex T, un Rolleinar 1 et du film TriX 400

Réglage de l’exposition

Les Rolleiflex T ne disposent pas tous d’une cellule intégrée. Si votre exemplaire en est dépourvu, mieux vaut vous munir d’une cellule à main (ou posemètre) pour mesurer au mieux la lumière et choisir les paramètres d’exposition en conséquence. Le Rolleiflex T affiche sur son dos un tableau représentant, à l’aide de petites scènes, diverses situations de prises de vue, variant sur le plan des sujets et de la lumière disponible. Il est censé vous aider à déterminer le nombre EV (Exposure Value) adéquat.

Vous pouvez ensuite vous baser sur ce chiffre EV pour déterminer un couple Ouverture de diaphragme / Vitesse d’obturation. Un petit levier présent sur le côté gauche de l’appareil, lorsque vous tenez celui-ci en mains, vous permet de jouer sur les paramètres de l’exposition et de manipuler les vitesses et les ouvertures. Comme sur le Rolleicord, les valeurs sont couplées. En baissant ou levant le levier, vous passez d’un couple à l’autre, basculant du même coup d’un EV à l’autre. Les valeurs pour ces paramètres de vitesse et d’ouverture, ainsi que le chiffre EV résultant de la combinaison des deux, sont tous visibles au niveau du capot, quand vous regardez le boitier du dessus.

Pour désynchroniser vitesse et obturation, et basculer sur d’autres combinaisons, vous pouvez régler l’ouverture seule. Pour cela il faut tirer sur ce levier tout en le poussant vers le haut ou le bas. La vitesse va rester celle sélectionnée au préalable, seule l’ouverture va changer. Ce système, après un court temps d’apprentissage et de prise en main, vous permet de toujours parvenir à vos fins. Il reste néanmoins beaucoup moins pratique, moins fluide que celui des Rolleiflex haut de gamme. Sur les Rolleiflex 3.5 et 2.8, le choix de la Vitesse et de l’Ouverture s’opère plus rapidement, à l’aide d’une molette dédiée pour chacun de ces paramètres.

La visée

Pour la prise de vue, l’appareil se tient à hauteur de la poitrine. Le capot sur le dessus du boîtier s’ouvre pour que le photographe opère la mise au point à travers le viseur. La surface carrée présentée par le verre de dépoli est confortable, de prime abord, et le système de visée surprend toujours agréablement quiconque n’est pas déjà familiarisé avec ce type d’appareil.
Le viseur se révèle toutefois en pratique relativement terne, particulièrement dans les angles.
Ce n’est pas propre au Rolleiflex T d’ailleurs, mais plutôt une caractéristique commune à l’ensemble des TLR, malheureusement. En extérieur, par ciel dégagé et quand le soleil est à son zénith, il arrive que la lumière tombe directement sur le dépoli, ce qui a pour effet de diminuer encore la visibilité.

Rolleiflex T et film Portra 160

Rolleiflex T et film Portra 160

N’hésitez pas à rabattre la loupe située à l’intérieur du capot. Elle bascule au dessus du dépoli. Collez-y votre œil. Vous y verrez un peu mieux et gagnerez sensiblement en précision, à défaut de gagner en spontanéité.

Le déclenchement et l’avancement du film

Le déclencheur se situe dans l’angle inférieur droit, quand on tient l’appareil en mains. Le pouce vient l’enfoncer latéralement. Il est plus étroit, et légèrement moins agréable que celui du Rolleiflex 2.8D par exemple.

La manivelle située sur le flanc droit permet d’avancer le film (un tour en avant) et d’armer l’obturateur (un demi-tour en arrière). Ce système d’avancement du film couplé à l’armement de l’obturateur rend toute double exposition impossible. Le film doit en effet être avancé avant de pouvoir de nouveau déclencher.
Un petit verrou, que l’on peut positionne au niveau du déclencheur, permet d’éviter qu’une photo soit prise accidentellement.

Après votre douzième et dernière pose, continuez à avancer le film. Vous sentirez après quelques tours de manivelle la pellicule finir son transfert d’une bobine à l’autre. Vous pourrez alors rouvrir l’appareil pour récupérer votre film dans la partie haute.

Rolleiflex T, Rolleinar 3 et film Portra 160

Rolleiflex T, Rolleinar 3 et film Portra 160

Verdict

Le Rolleiflex T dispose des principaux arguments qui ont fait la réputation des TLR de Rollei : fiabilité de de la construction, qualité de l’optique…
Il s’agit donc d’un modèle à privilégier, si vous cherchez un 6×6 robuste et capable de délivrer de très belles images, sans disposer du budget vous permettant d’acquérir les modèles les plus luxueux.

Avantages et inconvénients du Rolleiflex T

On aime

  • La qualité d’image
  • Le prix, plus accessible que celui des autres modèles

On aime moins

  • Le réglage de l’exposition, plus complexe que sur les modèles haut de gamme
  • Le viseur relativement terne, comme sur une majorité de TLR

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