Livre Les secrets de la photo argentique, de Gildas Lepetit-Castel

Le livre « Les secrets de la photo argentique », de Gildas Lepetit-Castel



Publié le 1 octobre 2019

Les livres de la collection Les secrets de la photographie, aux éditions Eyrolles, ont la particularité de se consacrer chacun à une thématique particulière : photo de rue, photo macro, pose longue… Gildas Lepetit-Castel décortique, dans Les secrets de la photo argentique, les rouages de la photographie analogique. Il donne de bonnes raisons de continuer à la pratiquer à l’heure du tout numérique. Voici une présentation de ce livre et de quelques passages clefs.

Gildas Lepetit-Castel est un photographe confirmé doublé d’un auteur très actif, puisqu’il a écrit deux autres livres également publiés aux éditions Eyrolles : Les secrets de la photo de rue, et Concevoir son livre de photographie. A travers ce nouvel ouvrage, il explore la photographie argentique sous ses différentes composantes, et l’inscrit dans un processus de créativité qui cherche à prendre son temps pour retrouver le sens des choses.

Se lancer ou reprendre la photo argentique, oui, mais avec quel appareil ?
L’auteur apporte des réponses à cette question en débutant son ouvrage par une sélection d’appareils photo argentiques à la réputation éprouvée. Des modèles qui ont marqué leur temps et qui continuent d’être un bon point de départ pour celui qui désire se lancer dans l’aventure argentique. Gildas Lepetit-Castel a eu la très bonne idée de donner des prix moyens, qui permettent de savoir à quoi s’attendre. Le livre n’est pas bien vieux (2016) mais je trouve que les prix indiqués sont un peu faibles. Il faut dire que le prix demandé pour certains modèles d’appareils argentiques tend à s’envoler, parfois au delà du raisonnable, depuis quelques années.

J’ai en tout cas retrouvé avec plaisir certains des modèles de ma collection dans cette liste, comme l’Olympus Trip 35, l’Olympus Mju II, le Canon AE1 ou le Yashica Mat 124G par exemple.

Le livre contient plusieurs entretiens avec des professionnels issus de la photo argentique. Une riche idée.

Assez tôt dans l’ouvrage, on rencontre une des bonnes idées à mettre au compte de l’auteur : il a émaillé son livre d’entretiens que lui ont accordé différents interlocuteurs dont la profession gravite autour de la photographie argentique : photographes, laborantins, tireurs…. Les sujets sont variés et les témoignages de ces experts toujours enrichissants.

Sans grande surprise, Gildas Lepetit-Castel aborde ensuite la prise de vue en argentique, un passage pratique quasi obligé. Il porte toutefois une attention particulière sur les aspects liés à cette pratique : la mesure de la lumière avec une cellule, l’usage des filtres, que ce soit en photo noir et blanc ou en couleur…

Vient ensuite l’étude des films, avec l’idée d’orienter le lecteur vers les références qui conviendront le mieux à ses goûts. On trouve dans cette partie un tableau assez riche, couvrant plusieurs pages, et listant de nombreux films argentiques. On y retrouve aussi bien des films connus et populaires que des films plus underground, artisanaux, réservés aux plus curieux. Les descriptions sont courtes, mais relèvent les points forts et faibles de chaque films et permettront à chacun de se faire une idée.

Dans une large partie du livre intitulée Comment développer ses négatifs, l’auteur passe en revue le matériel nécessaire et détaille l’action des chimies requises pour le développement des films. Il présente un pas à pas complet pour le développement des négatifs noir et blanc. Bien détaillée et richement illustrée, cette partie n’a pas grand chose à envier au tutoriel se trouvant dans le livre de Philippe Bachelier, Noir & Blanc, de la prise de vue au tirage. Je reviendrai sur la comparaison entre les deux ouvrages.

L'ouvrage contient un pas à pas très bien illustré expliquant comment développer ses négatifs noir et blanc.

L’ouvrage contient un pas à pas très bien illustré expliquant comment développer ses négatifs noir et blanc.

L’auteur consacre le chapitre suivant à la numérisation des négatifs. Un processus qui s’opère à l’aide d’un scanner. Il s’agit d’une étape cruciale pour l’amateur d’argentique contemporain qui n’est pas toujours en mesure de monter une chambre noire pour faire des tirages sur papier. C’est mon cas, par exemple !

Mais ceux qui souhaitent aller jusqu’au bout de la démarche argentique trouveront leur bonheur avec les chapitres suivants, assez denses, dédiés à la chambre noire et au tirage noir et blanc. L’auteur nous guide à travers le choix du lieu, du matériel, et la méthode à suivre. On apprécie encore une fois les tableaux qui, sans être exhaustifs, permettent de comparer différentes références de produits disponibles dans le commerce. De nouveaux tutoriels imagés aident à bien visualiser les séquences à reproduire pour tirer ses images comme un chef.

Dans l’avant dernier chapitre, l’auteur commente sept de ses tirages noir et blanc. Gildas Lepetit-Castel revient brièvement sur le contexte de la prise de vue, signale les faiblesses du négatif qu’il a cherché à compenser ou rectifier lors du tirage. Il décrit son raisonnement, indique quelles zones il a choisi de densifier ou d’éclaircir pour aboutir à l’image finale.

Les pages consacrées au tirage couleur achèvent l’ouvrage. L’art est difficile, il requiert un équipement et un savoir faire qui ne le mettent pas à portée de tout le monde. Un entretien avec un des rares spécialistes du tirage couleur permet d’en apprendre plus sur cet aspect qui reste une des plus délicats à traiter par soi-même en argentique.

Verdict

L’ouvrage est suffisamment complet pour soutenir la comparaison avec celui de Philippe Bachelier, Noir & Blanc, de la prise de vue au tirage, un ouvrage de référence dans ce domaine.

Dans sa forme, celui de Gildas Lepetit-Castel est probablement un peu plus jovial, moins académique et austère que celui de Philippe Bachelier. Cela tient en partie au fait que son ouvrage contient de nombreuses illustrations en couleur, quand celles du livre de Philippe Chevalier sont en noir et blanc exclusivement (bon, ce dernier ne traite que de noir et blanc, justement…).

Les entretiens, qui donnent la parole à des personnes exerçant un métier en rapport avec la photo argentique, rythment l’ouvrage de Lepetit-Castel et lui insufflent une certaine vitalité. Les tableaux qui parcourent le livre permettent d’apprécier rapidement différents produits, ou revêtent un aspect pratique.

De bonnes idées qui rendent cet ouvrage plaisant et intéressant. Le photographe curieux de s’essayer à l’argentique, tout comme le pratiquant qui souhaite approfondir sa connaissance du sujet, pourront sans problème se tourner vers le livre de Gildas Lepetit-Castel et l’ajouter à leur bibliothèque.

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