Cellule posemètre Sekonic Twinmate

Cellule : à quoi ça sert ? Comment ça marche ?



Mis à jour le 22 mai 2019

A quoi sert une cellule à main (aussi connue sous le nom de posemètre) en photographie ? Comment s’en servir ? Quelle cellule acheter ? Je vous présente cet accessoire photo très utile si vous aimez la photo argentique et que vous possédez comme moi une collection d’appareil photo anciens.

A quoi sert une cellule ?

En photographie, la lecture de la lumière, donc sa mesure et l’exposition qui en découle, jouent pour beaucoup. Ce sont des éléments fondamentaux entrant en compte dans la création d’une photographie.

Les cellules à main étaient courantes à une époque où la photographie reposait sur l’emploi d’appareils argentiques essentiellement mécaniques, sans composants électroniques. Les appareils d’alors n’embarquaient pas de cellule intégrée, et peu ou aucun automatisme pour la prise de vue. Ils demandaient un certain savoir faire opérationnel et technique. Dans ce contexte, le posemètre avait pour fonction d’aider le photographe à mesurer la lumière baignant son sujet et à sélectionner les paramètres de son exposition appropriés (ouverture du diaphragme et vitesse d’obturation).

Les cellules à main ont perdu du terrain avec la démocratisation de la photographie. Des appareils plus modernes sont apparus, proposant des modes de fonctionnement semi-automatiques ou automatiques, et embarquant nativement des fonctions de mesure de la lumière. Ils ont eu un rôle décisif dans la démocratisation et l’accessibilité de la photo auprès du grand public.

Pourquoi utiliser une cellule aujourd’hui ?

A qui une cellule photo peut-elle servir aujourd’hui ? Eh bien à tous ceux qui en pincent encore pour la photo argentique et qui ont naturellement besoin, comme tout photographe, d’exposer leurs images dans de bonnes conditions.

Si vous êtes fans de photo argentique, vous avez peut-être dans votre collection des appareils photos sans cellule intégrée, qui reposent sur un paramétrage de l’exposition manuel, ou semi manuel (priorité vitesse ou priorité ouverture).
Ou bien vous êtes peut-être en possession d’un boitier photo dont la cellule est hors service, ce qui n’est pas rare avec des appareils qui affichent plusieurs décennies d’existence au compteur.
La cellule flanche parfois et donne des valeurs inexactes, ou même pas de valeur du tout. Lorsque l’appareil est automatique ou semi automatique, ce problème est parfois fatal, la mesure de la lumière est impossible ou faussée, l’appareil ne peut fonctionner correctement.
Mais sur des appareils qui peuvent fonctionner en tout manuel, cette perte est toujours pénible, sans être irrémédiable. Vous devrez régler les paramètres d’exposition par vous même. Pas à l’aveuglette ou au feeling, mais à l’aide d’une cellule à main, si vous souhaitez être précis.

Mon posemètre m'apporte une aide cruciale quand je photographie avec des appareils dont la cellule ne fonctionne plus.

Mon posemètre m’apporte une aide cruciale quand je photographie avec des appareils dont la cellule ne fonctionne plus.

Peut-on se passer de cellule ?

Certes, vous pouvez toujours suivre la règle ancestrale qui veut qu’en plein soleil, avec du film 100 iso, vous pouvez tabler sur une exposition reposant sur une ouverture de diaphragme à f/16 et un temps d’obturation de 1/100s.
Oui, cette règle peut vous servir de base pour envisager d’autres cas de figure, mais bon… on ne pas se mentir, on est un peu dans l’approximation, hein.
Que faites vous avec un film de 400 iso chargé dans votre appareil, dans des marais brumeux, avec un soleil bien présent mais pris derrière un voile gris ? Le temps que vous y réfléchissiez ou que vous sortiez votre calculette, la brume se sera peut-être dissipée, et votre opportunité de faire une belle photo se sera envolée avec elle.
C’est là où un posemètre vous apporte une assistance précieuse et des réponses fiables.

Où acheter une cellule ?

Il y a deux pistes principales pour acheter une cellule.

Acheter une cellule d’occasion
Si vous achetez de temps en temps des appareils photo anciens (notamment ceux qui remontent aux années 1970), ils arrivent souvent qu’ils soient proposés en lot avec une cellule.
J’ai récupéré de cette manière plusieurs cellules âgées de dizaines d’années. Je dois vous dire en revanche qu’après un certain temps d’utilisation, elle se sont toutes disloquées dans mes mains. Le temps ne joue en pas en faveur de ces cellules faites de matières peu nobles. La colle sèche et finit par disparaître, désolidarisant certains éléments.

Acheter une cellule neuve
La seconde option consiste à acheter une belle cellule toute neuve sur internet. C’est un accessoire que vous allez promener un peu partout avec vous, mieux vaut le choisir robuste et de qualité.
Alors oui, ce n’est pas donné et pour le même prix vous pourriez très bien
– acheter plusieurs films
– acheter du matériel (appareil, objectif, filtres…)

Acheter une cellule, un posemètre neuf est sans conteste plus avantageux sur du long terme. Je n’ai pas eu des centaines de modèles entre les mains mais je me suis fié au consensus des avis pour choisir un modèle. J’ai opté pour la Sekonic Twinmate (model L-208).

Voici ma fidèle cellule Sekonic que j'emmène partout avec moi, par tous les temps.

Voici ma fidèle cellule Sekonic que j’emmène partout avec moi, par tous les temps.

Lumière incidente et lumière réfléchie

La plupart des cellules à main proposent deux modes de mesures de la lumière. Faites attention à bien identifier comment chaque mode se sélectionne sur la cellule, et à utiliser le bon en fonction de la situation. Sur ma cellule, comme sur beaucoup, on passe de l’un à l’autre mode en faisant glisser un élément positionné sur la partie avant.

La lumière incidente se mesure en se plaçant au plus près du sujet et en orientant la cellule vers l’appareil photo, où plus exactement vers l’endroit d’où sera prise la photo. Cette mesure de la lumière convient bien aux portraits, et globalement aux sujets que vous cadrerez serrés et dont vous pouvez vous approcher.

La lumière réfléchie se mesure tout simplement en orientant la cellule vers le sujet. Elle convient mieux aux paysages. N’hésitez pas à balayer le ciel, les zones d’ombre, et à en tenir compte pour l’exposition que vous allez retenir.

Je vous avoue utiliser pour ma part la mesure de la lumière réfléchie 99% du temps. Et encore, dans le 1% restant, il y a des cas où j’ai configuré la cellule en mesure incidente sans m’en rendre compte.
Faites bien attention à ne pas vous tromper, si vous orientez la cellule dans la même direction, les valeurs que vous relevez d’un mode à l’autre risquent de ne pas être du tout les mêmes.

Sur ma cellule Sekonic, onpasse d'un mode de mesure de la lumière à l'autre en montant ou descendant cette partie blanche.

Sur ma cellule Sekonic, on passe d’un mode de mesure de la lumière à l’autre en montant ou descendant cette partie blanche.

Comment fonctionne une cellule

Tout d’abord, tournez le disque des valeurs pour choisir la bonne sensibilité, celle du film chargé dans votre appareil (où que vous avez l’intention de charger).
Pointez la cellule dans la direction de votre sujet, appuyez sur le bouton pour laisser la lumière entrer, l’aiguille bouge et se cale dans la jauge des valeurs.
Tournez ensuite le disque des valeurs pour faire coïncider l’aiguille avec celle présente sur le disque.
Vous obtenez ainsi une série de couples ouverture de diaphragme/vitesse d’obturation qui s’équivalent (qui correspondent aussi à un même evaluation number).
Par exemple, pour une sensibilité de 100 iso, vous obtenez les couples f/5,6 et 500s, f/8 et 250s; f/11 et 125s ; f/16 et 60s.

A vous de choisir le couple qui vous convient le mieux. Par exemple, vous pouvez chercher à disposer d’une faible profondeur de champ, et choisirez pour cela une grande ouverture de diaphragme (de f/2.8 à F/5,6). Ou bien, si comme moi vous avez tendance à avoir la tremblote, vous pouvez chercher à rester systématiquement au dessus du 1/60s de seconde pour éviter le flou de bougé.

Une cellule n’indiquera pas toutes les valeurs présentes sur un appareil numérique mais seulement les jalons clefs : f/2,8 ; f/4 ; f/5,6 ; f/8 etc pour les ouvertures, et 1/60s ; 1/125s ; 1/250s ; 1/500s pour les vitesses.

Plus vous vous servez de votre cellule pour mesurer la lumière, et plus votre estimation de la luminosité ambiante sera fine. Surtout pour les situations les plus courantes. Néanmoins, certaines conditions restent moins évidentes à évaluer que d’autres. La cellule peut toujours vous sauver la mise en cas de doute.

Une cellule ne dispense pas de réfléchir…

Attention, ne suivez pas à la lettre ce que vous indique votre cellule. Elle peut vous induire en erreur, être dupée par le sujet, au même titre que la cellule d’un appareil numérique, d’ailleurs.
Un exemple très connu : si vous mesurez la lumière sur un paysage enneigé par beau temps, la cellule va juger la scène extrêmement lumineuse et vous inciter à sous exposer. Vous risquez de vous retrouver avec une neige grisâtre alors que vous la souhaitez bien blanche. Il faut donc prendre ce point en compte et surexposer un peu, par rapport à l’indication donnée par la cellule, en ouvrant davantage le diaphragme ou en allongeant le temps de pose.
À vous de garder un peu de jugeote pour vous affranchir des indications et vous laisser une marge de manœuvre.

Conclusion

La cellule est un des accessoires clefs pour le photographe, qu’il soit épris d’argentique ou de numérique d’ailleurs. Avoir recours à une cellule vous permet de continuer à vous servir d’appareils anciens, mais vous apprend aussi à mieux observer la lumière, à mieux apprécier et estimer les situations.
Si vous souhaitez progresser en photo, vous devriez envisager de vous munir d’un posemètre.

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