Avis et retour d’expérience sur les films Washi

8 mai 2020
Assortiment de films Washi

Film Washi est une petite structure qui a vu le jour à Saint Nazaire, et qui s’est spécialisée dans la production de films argentiques artisanaux. Lomig, le fondateur, achète des stocks de films initialement conçus pour un usage industriel (cinéma, médecine, photographie aérienne…). Il les recoupe, les conditionne pour proposer aux férus d’expériences argentiques des pellicules 135 et 120. Distribuées sous différentes références, elles sont nommées d’après une lettre de l’alphabet.

Le film Washi W est le plus connu de ces films, et historiquement le premier produit par Film Washi. Il est pour le moins unique en son genre, puisque les photos sont prises sur du papier de riz japonais. Je n’ai toutefois pas eu envie d’expérimenter avec ce film, car je me suis dit (à tort ou à raison) que ça allait être très compliqué à scanner et à restituer. J’ai préféré m’orienter vers d’autres films, eux aussi exotiques. Il ne s’agit donc pas d’un retour sur le film Washi précisément, mais sur les films produits par Film Washi.

Film Washi S

Le premier film que j’ai testé est le film S. La sensibilité indiquée étant de 50 iso, c’est un film “lent”, qu’il est plus commode d’utiliser en extérieur, en plein jour. Il donne des images ultra contrastées. Les noirs sont très denses, et les blancs, quasiment cramés, montrent peu de détails.

Les photographes les plus aguerris sauront identifier les sujets se prêtant bien à ce contraste extrême, pour créer des images aux qualités graphiques. Le rendu de la peau et des tons chairs est peu flatteur, sans concession. Aussi, avec ce film S, le portrait semble peu approprié… sauf si vous cherchez précisément à accentuer l’âge, les traits et défauts de votre modèle.

Le film Washi S présente un contraste extrême, avec des tons qui virent facilement vers le noir.

Le film Washi S présente un contraste extrême, avec des tons qui virent facilement vers le noir.

Film Washi Z

Je me suis laissé séduire par le film Z, car sa sensibilité de 400 iso en fait un film plus facile à utiliser. Le site de Washi mettait de plus en avant son rendu quasi infrarouge et sa capacité à restituer les teintes de vert. Confiant dans ces recommandations, je me suis décidé à utiliser ma pellicule en sous bois, où j’espérais pouvoir magnifier les arbres, feuillages, tapis végétaux, et autres fougères. Je m’attendais à ce que la pellicule restitue la profondeur et le détail des nuances de vert. Au final, après le scan, les images se sont avérées très denses, très contrastées, avec assez peu de détail, tant dans les zones d’ombres que dans les parties claires.

Un point frustrant concerne l’approximation sur les modalités de développement : révélateurs, temps, températures. Lomig est très accessible: il répond aux questions par mail, mais les indications restent sommaires. On sent bien qu’une part est laissée à l’expérimentation.
Certains trouveront que cela fait partie d’une charme, mais pour ma part, j’aime bien savoir dans quoi je me lance, lorsque j’achète des films qui avoisinent les dix euros

Le résultat s'est avéré assez éloigné de mes attentes. J'ai baissé le contraste, très fort, dans Photoshop.

Le résultat s’est avéré assez éloigné de mes attentes. J’ai baissé le contraste, très fort, dans Photoshop.

Film Washi X

Son nom évoque tout autre chose, mais il s’agissait (on peut en parler au passé car il n’est plus produit) d’un film couleur. Une rareté, car la très grande majorité, voire l’intégralité des films produits par Film Washi sont des films noir et blanc. Le grain prononcé et les couleurs saturées du film X (oui, on ne s’y fait pas…) étaient vantées par le site. Malheureusement, je n’ai jamais pu en juger.

J’attendais beaucoup des 24 poses faites avec mon Canon AE1, toutes prises durant les vacances d’été. Hélas j’ai très vite compris en rembobinant le film (à la main, bien sûr, sur ce modèle) que quelque chose ne tournait pas rond… Je ne sentais pas le film rentrer dans sa bobine, et tournais la manivelle dans le vide sans jamais percevoir le moment caractéristique où l’amorce du film rentre dans la pellicule. C’est ce signal qui permet habituellement de comprendre que le rembobinage est terminé et que l’on peut ouvrir le dos de l’appareil, sans craindre la lumière, pour récupérer son film. En gros, ça puait. Alors je me suis isolé dans le noir pour ouvrir le dos, dans l’espoir d’extraire et de récupérer le film tant bien que mal… mais après cinq bonnes minutes passées à me démener dans l’obscurité sans parvenir à rien de concluant j’ai du me résoudre à laisser tomber, avec un goût amer dans la bouche.

En rallumant la lumière, je savais que je faisais une croix sur mes photos. Et qu’accessoirement j’avais foutu en l’air près de dix euros avec ce film X de Washi… Que s’est il passé ? Je ne le saurai jamais exactement, mais ma théorie est la suivante : je pense que l’extrémité du film, à l’intérieur de la pellicule, était mal fixée à celle-ci. Quand je suis arrivé au bout du film, et que je l’ai fait avancer le film avec le levier d’armement, il a dû se décrocher, se détacher de la pellicule.

Les films Washi : pour qui ?

Il me reste d’autres films à tester. J’ai encore en réserve des films S et Z, qui sont respectivement de sensibilité 50 et 25 iso. Je développerai ici mes impressions, mais je dois dire que pour le moment je ne suis pas emballé à 100% par les films distribués par Washi.

La fabrication artisanale semble sujette à des accidents. La qualité des films me parait inégale, et les indications un peu erratiques sur le développement les rendent un peu trop expérimentaux, à mon goût. Pour en tirer le meilleur parti, il parait indispensable de bien se documenter et d’échanger avec la communauté, notamment via la page Facebook de Washi film.

Clairement, ils ne conviennent en tout cas pas à des débutants, mais se destinent davantage à des photographes confirmés, qui prendront plaisir à expérimenter avec des films peu communs. Ils soutiendront par ailleurs une juste cause en encourageant cette production artisanale.

Certains parviennent à obtenir de superbes images avec ces films. Si c’est votre cas, ou quelle que soit votre expérience avec les films Washi, n’hésitez pas à partager avec moi votre avis sur ces films.

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3 commentaires

  1. Bonjour, j’utilise la Washi S très régulièrement et je dois dire que c’est un de mes films chouchou. Ce que j’aime ? son contraste poussé à l’extrême conférant une impression presque graphique aux photos. Pour le developpement, il n’y a aucun problème particulier : il suffit de s’en remettre à la fiche détaillée du film qui donne les temps de revelations necessaire. On peut egalement aller sur Massiv Developpment chart qui donne avec précision les temps de developpement avec différents revelateurs.

  2. Bonjour,

    Je ne suis pas expert et n’ai pas testé tous les films Washi, mais je trouve que cet article n’a pas beaucoup d’intérêt car il ne représente pas du tout ce que sont les films testés.

    Trois des films sont testés et les conclusions ne sont pas ce que l’on pourrait espérer :
    – Le film S au fort contraste, la conclusion : il est très contrasté.
    – Le film Z au rendu proche infrarouge, le rendu n’est pas top mais je n’ai suivi les instructions détaillées pour le développement de la pellicule.
    – Le film X, j’ai forcé à la dernière prise de vue, il s’est détaché et je n’ai pas eu la patience ou la bonne idée de le mettre dans une boite noire.

    C’est pas très pro, ni honnête, comme restitution de l’expérience, il aurait mieux valu refaire des essais en bonnes conditions pour en parler.
    Je pense à toutes les personnes qui peuvent lire ton article, et après lecture avoir un avis biaisé, des films alors que tes tests n’ont juste pas été concluants pour 2 des 3 testés.
    Ça nous est presque tous déjà arrivés qu’un film se détache, s’abime, ne soit pas développé correctement, et ce n’est pas une raison pour en faire une revue négative.

    J’espère que tu ne prendras pas mal ce commentaire et que de nouveaux essais pourraient t’encourager a` mettre à jour ton article ou en faire un nouveau.

    1. Bonsoir Jonathan,

      Encore une fois, je suis content que Films Washi existe et propose des films qui sortent de l’ordinaire. Je relate simplement mon expérience.
      Comme je l’ai précisé :

      • Film S : je signale simplement qu’il ne convient pas à tous les sujets, j’insiste par ailleurs sur le fait que j’ai vu des photographes en tirer des images magnifiques. A mon sens, c’est plus moi qui suis en cause sur ce coup.
      • Film W : J’ai suivi les indications dont je disposais, qui manquaient de précision, voire étaient contradictoires. Peut-être des suppléments d’info sont-ils parus depuis… mais quand j’ai cherché à développer ce film, je me suis basé sur les infos disponibles sur le site et sur un mail du fabriquant.
      • Film X : à aucun moment je n’ai bourriné sur la fin du film. L’amorce s’est détachée et est venue toute seule, c’est bien le problème.
        J’ai utilisé de nombreux films artisanaux, chez Kono, Revolog, Dubble Films et autres, sans rencontrer ce type de problème.

      On parle tout de même de films à 10€ pièce pour certains…

      Je continuerai à m’intéresser aux films Washi et j’ai encore quelques pellicules à utiliser, avec lesquelles j’espère avoir plus de chance et obtenir de meilleurs résultats. Je ne manquerai pas de revoir mon texte ou d’ajouter de nouvelles références après de nouveaux essais.

      Romain

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