Appareil photo argentique Mju-II d'Olympus

Test de l’Olympus Mju II



Le Mju II fait partie de ces appareils photos argentiques qui bénéficient d’une certaine aura. Il a atteint un statut quasi culte et son prix s’envole depuis quelques années. Voyons ce que cet appareil a de si particulier, et s’il mérite toute l’attention qu’on lui porte.

Design

Beaucoup des appareils photo argentiques de ma collection, présentés sur le site, sont des boîtiers issus de la fin des années 1960 (une majorité de petits télémétriques notamment), parfois des années 1950 (les TLR). Lancé en 1997, à une époque où l’argentique s’apprête à céder le pas face à la déferlante du numérique, le Mju II d’Olympus ferait presque figure de jeunot parmi les autres références.

La relative modernité du boitier se ressent d’emblée dans son look. L’appareil présente une surface lisse comme un galet. La face avant se caractérise avec un relief construit par un jeu de courbes et d’arrondis. Un clapet coulisse sur le côté pour dévoiler l’objectif (une optique de 35mm ouvrant à f/2.8) et le flash.

Au dos du Mju II on retrouve le viseur (obstrué quand le clapet est refermé, il est en revanche clair et spacieux quand l’appareil est sous tension), un petit écran digital surplombant deux petits boutons liés aux fonctions de flash et de retardateur. Un petit bouton pressoir sur la gauche permet d’ouvrir le dos du boitier pour y charger son film.

Sur le dessus de l’appareil, vous ne pourrez pas manquer le déclencheur, oblong. Étonnamment, lors des prises de vue, je me surprends à le chercher du doigt. Mon index a tendance à venir se positionner spontanément sur le rebord du clapet.

La trappe pour la pile se situe quant à elle sur le côté droit, lorsque l’on tient l’appareil en main.
Pas grand chose à voir sous le boitier, en dehors d’un pas de vis pour une fixation sur trépied, à utiliser en combinaison avec le retardateur.

Ce qui frappe le plus, outre le design en galet servi par ce clapet qui recouvre l’objectif, c’est l’extrême compacité du boîtier. Le Mju II est réellement un très petit appareil photo 35mm, présentant un encombrement restreint. Avec des dimensions de 108 x 59 x 35mm et un poids proche des 150g, il fait office de poids plume. Même rangé dans sa petite sacoche de transport, il ne prend qu’une place minime. C’est un des points qui a contribué à rendre l’appareil culte, en en faisant un compagnon de choix pour tous ceux qui cherchent à économiser l’espace.

Le Mju II, très compact, vous offre la possibilité d'emmener partout un appareil argentique d'excellente qualité.

Le Mju II, très compact, vous offre la possibilité d’emmener partout un appareil argentique d’excellente qualité.

Le Mju II a été distribué dans différents coloris, le gris est notamment assez fréquent.
L’exemplaire sur lequel j’ai mis la main pour quelques euros dans un vide grenier (réalisant à cette occasion une authentique bonne affaire) est issu de l’édition Limited, produit à 30 000 exemplaires. Son coloris, unique, avoisine le bordeaux. le déclencheur, le tour de l’objectif et les inscriptions qui ornent le corps de la bête sont pour leur part de couleur or. Il faut reconnaître qu’il a de la gueule.
Pour la petite histoire, les éléments ont été fabriqués au Japon, et assemblés à Hong Kong. C’est écrit dessus.

Fonctionnement

Le Mju II fait presque exclusivement appel à des automatismes et s’appuie donc sur des composants électroniques. Cet appareil photo argentique nécessite par conséquent une pile 3V de type CR123A. Elle se loge dans un compartiment sur le côté de l’appareil.

Le chargement s’opère en ouvrant le dos et en plaçant la pellicule sur la droite, tête en bas. Après avoir passé l’amorce du film dans une des fentes de la bobine réceptrice, fermez le dos du Mju II. l’avancement du film jusqu’à la première pose se fait de façon automatique. Après chaque photo, le film se cale tout seul sur la vue suivante. Après la dernière exposition, l’appareil rembobine automatiquement la pellicule, qu’elle soit de 24 ou 36 poses, afin que vous puissiez la récupérer. Ces automatismes sont possibles grâce à la lecture des codes DX figurant sur les pellicules, et qui permettent entre autre à l’appareil de reconnaître et prendre en compte la sensibilité du film et le nombre de poses.

Globalement, vous n’aurez pas franchement à vous soucier de la mise au point, c’est l’autofocus qui décide pour vous. Deux points cependant sont à relever, puisqu’ils vous laissent une marge de manœuvre plutôt bienvenue :

  • Vous pouvez enfoncer à mi-course le déclencheur pour verrouiller une mise au point avant de recomposer la scène.
  • L’appareil peut faire la mise au point dès 35 cm. Pas mal…

Vous avez le choix entre 6 types de flash, pas moins. Flash auto, flash off, flash forcé, flash anti yeux rouges, mode syncro lente… Vous passez de l’un à l’autre en appuyant sur le bouton de gauche.
Bon si vous aimez la photographie et pratiquez un peu, il y a tout de même de bonnes chances pour que dans la plupart des cas vous choisissiez de le désactiver tout simplement. Le hic c’est que chaque fois que vous allumez l’appareil (en faisant coulisser le clapet), le flash est actif par défaut. Il vous faut presser deux fois un des petits boutons situés sous l’écran pour le désactiver. Un peu contraignant.

Plus intéressante que toutes ces options de flash, et dissimulée parmi les quelques fonctionnalités, la fonction de mesure spot ! Elle vous permet de prendre l’exposition précisément sur le centre du viseur, alors que par défaut le calcul de l’exposition se fait sur l’ensemble de la scène. La mémorisation de l’exposition spot s’opère en enfonçant le déclencheur à mi course. Vous êtes libre de recadrer avant de déclencher. Pour activer la mesure spot, appuyez simultanément sur les deux petits boutons, celui du flash et du retardateur.

Le retardateur, justement, s’active avec le petit bouton de droite. Lorsqu’il est actif, le déclenchement peut être opéré à l’aide d’une télécommande, si jamais vous avez l’accessoire approprié. Dans l’un et l’autre cas, vous devriez fixer l’appareil sur trépied au préalable.

Lorsque la pellicule est arrivée à son terme, elle se rembobine de façon automatique, au son continu d’un bzzz qui risque fort de susciter des regards interrogateurs, s’il y a du monde autour de vous.

Verdict

Coup de chance. Alors que j'ecumais un vide grenier en espérant trouver des appareils intéressants, je suis tombé sur cet Olympus Mju II, édition limitée, que j'ai acheté pour une poignée de figues.

Coup de chance. Alors que j’ecumais un vide grenier en espérant trouver des appareils intéressants, je suis tombé sur cet Olympus Mju II, édition limitée, que j’ai acheté pour une poignée de figues.

Si vous êtes à la recherche d’un appareil argentique ultra compact, que vous pouvez avoir toujours sur vous et dégainer dès que l’occasion se présente pour déclencher sans trop réfléchir, le Mju II est un modèle de choix, capable de faire des miracles. L’exposition automatique tombe juste et l’optique délivre des images piquées et saisissantes dans de bonnes conditions de lumière. La question qui se pose est : si vous vous intéressez à l’argentique, est-ce réellement pour laisser les automatismes d’un appareil décider d’à peu près tout à votre place ?
Le prix moyen observé en ligne depuis quelques années pour cet appareil, et qui flirte souvent avec les 150€, laisse par ailleurs un peu perplexe.

Avantages et inconvénients du Mju II

On aime

  • L’excellente optique, capable de produire de très belles images
  • La fonction spot, bien cachée mais fort appréciable
  • La compacité impressionnante
  • La mise au point possible dès 35 cm
  • Le système de verrouillage de la mise au point qui complète l’autofocus

On aime moins

  • Le flash est actif par défaut à l’allumage
  • Le Mju II n’est pas un appareil argentique qui vous fera progresser en photographie
  • Le prix est quelque peu délirant

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