Appareil photo Vitessa 500L de Zeiss Ikon Voigtlander

Test du Vitessa 500L (Zeiss Ikon – Voigtlander)



Les Vitessa 500 constituent une série d’appareils photo compacts sortis au fil des années 1960 par Zeiss Ikon Voigtlander. La série se caractérise par la qualité de sa fabrication et par son exotisme, deux arguments susceptibles de séduire les collectionneurs. Le modèle précis auquel nous nous intéressons ici est le Voigtlander Vitessa 500 L.

La série Vitessa 500 établie par Zeiss Ikon Voigtlander compte plusieurs modèles : les 500AE, 500S, 500SE, 500L, tous sortis au cours des années 1960. Tous ont en commun un look qui a pris aujourd’hui un aspect magnifiquement rétro, et qui tranche complètement avec celui des appareils commercialisés par les marques japonaises à la même époque.
Les points qui différencient les différents modèles de la série sont parfois évidents, et parfois plus subtils. Les spécificités du Voigtlander Vitessa 500L incluent notamment une cellule au sélénium, qui n’empêche pas un réglage manuel de l’exposition.

Design et ergonomie

Rectangulaire, anguleux, le Vitessa 500L arbore un incomparable look vintage. C’est toute la rigueur allemande qui s’exprime à travers ce design.
À bien des égards, cet appareil ne ressemble d’ailleurs à aucun autre. Ou en tout cas pas aux appareils équivalents chez les marques japonaises. L’ergonomie des commandes est quelque peu originale, pour le moins inhabituelle, même, au point que l’on a parfois l’impression d’avoir affaire à un appareil destiné aux gauchers.

Alors que sur la majorité des appareils comparables, le levier d’armement est positionné sur le dessus à droite, il se situe, sur le Vitessa 500L, en dessous, et sur la gauche. C’est donc avec le pouce de la main gauche que vous l’actionnerez, en le ramenant vers vous.

La molette qui sert à rembobiner le film se trouve à l’autre bout. Sur la plupart des appareils de même type et de même époque, on la trouve plutôt sur le dessus, à gauche.

Le levier d'armement et la molette pour rembobiner le film se situent sous l'appareil.

Le levier d’armement et la molette pour rembobiner le film se situent sous l’appareil.

Le déclencheur n’a rien de commun non plus. S’il est bien placé sur le dessus du boîtier, où il se loge précisément dans un angle, il ne prend l’aspect habituel d’un bitoniau circulaire, mais se révèle plus proche d’un interrupteur. Il faut le presser vers le bas pour prendre la photo.

L’ergonomie particulière des commandes peut dérouter et demander un petit temps d’adaptation. Mais Les passionnés n’en tireront que plus de plaisir à découvrir les particularités de ce modèle et à comprendre son fonctionnement. Et une fois que l’on a trouvé ses marques, on prend un certain plaisir à manipuler ce modèle sympathiquement rétro.

Fonctionnement

Le Vitessa 500L fonctionne sans pile. Tout comme le fameux Olympus Trip 35, ce modèle est équipé d’une cellule au selenium. Elle donne, dans le viseur, des indications sur la justesse de l’exposition, et signale les cas de sur-exposition ou de sous-exposition. Sur des appareils vieux de plusieurs décennies, les cellules de ce type sont souvent défectueuses, ne réagissent plus à la lumière. C’est le cas de mon exemplaire, dont la cellule est parfaitement HS.
Mais contrairement à l’Olympus Trip, même sans cellule en état de marche, le Vitessa 500L reste parfaitement fonctionnel, car l’exposition s’opère manuellement.
La sensibilité, utile dans le cas où la cellule fonctionne, se règle à l’aide d’un petit bouton placé sur une des bagues autour de l’objectif. Les valeurs s’échelonnent de 25 à 400 iso. Si la cellule est morte, vous pouvez toujours la régler afin d’avoir une aide mémoire sur la nature du film chargé dans l’appareil.

L’appareil s’ouvre via un bouton placé sur le côté droit quand vous le tenez en main. La bobine se place tête en bas sur la droite, on tire l’amorce du film vers la gauche pour la prendre dans une des fentes de la bobine réceptrice. Encore une particularité du Vitessa 500L qui semble monté à l’envers ! D’ordinaire, le film se place sur la gauche, en effet.

On tire sur le levier d’armement et on déclenche dans le vide deux ou trois fois, pour vérifier que le film est bien entraîné, avant de refermer le dos de l’appareil puis d’avancer le film jusqu’à la position 1. Le compte vue se situe au dos, dans l’angle supérieur droit.

Le déclencheur, relativement curieux, est situé dans l'angle. Il faut le presser vers le bas pour prendre une photo.

Le déclencheur, relativement curieux, est situé dans l’angle. Il faut le presser vers le bas pour prendre une photo.

Les réglages du diaphragme, de la vitesse et de la mise au point s’opèrent via trois bagues disposées autour de l’objectif. Les bagues sont étroitement imbriquées et leur manipulation demande une certaine méticulosité. Cette contrainte, additionnée à l’ergonomie si spéciale des commandes, comme on l’a vu, fait que vous ne serez sans doute pas d’une grande réactivité, avec cet appareil en mains.

Le viseur est grand et spacieux, ce qui n’est pas le cas de tous les appareils de ce type. Il ne comprend pas de repères pour la compensation de la parallaxe sur les courtes distances, en revanche.

Une fois votre dernière pose passée, il ne vous reste plus qu’à déverrouiller la pellicule en pressant le minuscule bouton noir placé sous l’appareil, et à tourner la manivelle dans le bon sens, celui discrètement indiqué par la flèche, pour rembobiner votre film. Lorsque vous sentez que le film est entièrement rembobiné, ouvrez le dos pour récupérer votre film.

Les images

L’état extérieur de ce Vitessa 500L m’a inspiré confiance au moment de l’achat (il semblait comme neuf!) mais je n’étais pas tout à fait certain du bon fonctionnement de mon exemplaire. Alors j’ai préféré y aller prudemment, avec une pellicule de 24 poses pour ma première sortie en sa compagnie.

Je ne savais trop à quoi m’attendre avec cet appareil, mais les résultats m’ont plutôt convaincu. Les images ont révélé un beau piqué et un contraste suffisamment marqué. Deux caractéristiques que l’on ne retrouve pas systématiquement sur des appareils jouant dans la même catégorie.

Le Voigtlander Vitessa 500L et du film Kodak 400 bas de gamme.

Le Voigtlander Vitessa 500L et du film Kodak 400 bas de gamme.

Contre-jour dans les escaliers. Kodak 400 iso.

Contre-jour dans les escaliers. Kodak 400 iso.

Verdict

Si vous êtes un collectionneur invétéré, le Voigtlander Vitessa 500L (ou bien un modèle frère, issu de la même série), mérite largement sa place dans votre inventaire. L’ergonomie des commandes a de quoi surprendre le photographe familier des appareils de construction japonaise, et en fait un boîtier quelque peu exotique, forcément intéressant.

Si l’optique n’est pas la plus lumineuse que l’on ait vu sur ce type de boîtier, elle n’en délivre pas moins des images de bonne qualité. Le Vitessa 500L associe du coup à son aspect agréable une dimension parfaitement fonctionnelle.

Avantages et inconvénients du Vitessa 500L

On aime

  • Viseur clair et spacieux
  • Réglage manuel de l’exposition
  • Exotisme de l’ergonomie
  • Fonctionne sans pile, et même avec une cellule HS

On aime moins

  • Bagues des réglages étroitement imbriquées
  • Optique relativement peu lumineuse (f/2.8)

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