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Appareil photo télémétrique Minolta Hi-Matic 7S

Test du Minolta Hi-Matic 7S



Le Minolta Hi-Matic 7S appartient à une longue lignée de télémétriques produits par Minolta dans les années 1960 et 1970. Ce modèle-ci est l’un des premiers de cette série, puisqu’il date de 1966. Sous des abords très sobres, il compte de nombreux atouts, au rang desquels se placent son optique lumineuse, une fabrication exemplaire et ses différents modes de prise de vue.

Design

La construction du Minolta Hi-Matic 7S est particulièrement soignée. On tient dans ses mains un très bel objet, conçu pour durer. L’appareil est lourd (720g) et robuste. Avec des dimensions de 140 x 82 x 47 mm, ce n’est sans doute pas le moins encombrant des télémétriques de sa génération, mais c’est en revanche un des designs que je préfère, très rectangulaire, et relativement épuré. Il n’y a par exemple pas d’ergot sur la bague de mise au point, ce qui peut surprendre si vous êtes habitué à d’autres appareils équivalents (Canonet, Olympus SP 35, etc…)

Une superbe optique Rokkor PF de 45mm ouvrant à f/1.8 est montée sur le chassis. Elle ferme jusqu’à f/22.

Une attention poussée a été portée aux détails. La trappe de la pile n’est pas en plastique, comme c’est le cas sur nombre d’appareils de cette époque, mais en métal.
Le levier d’armement tombe parfaitement sous le pouce. La course est particulièrement longue pour avancer le film.

Il est beau sous tous les angles ce Minolta Hi-Matic 7S

Il est beau sous tous les angles ce Minolta Hi-Matic 7S

Fonctionnement

La sensibilité du film se règle sous l’objectif, en poussant un court levier pour sélectionner une valeur allant de 25 à 800 iso.

Chargement du film

Pour ouvrir le dos du Minolta Hi-Matic 7S, il faut pousser vers le bas un petit levier très discret positionné sur le côté gauche quand vous tenez l’appareil en main et regardez son dos. Le chargement est très classique : on place la cartouche de film sur la gauche, on tire l’amorce du film que l’on passe dans une des fentes à l’autre bout, on veille à ce que les petits trous qui bordent le long du film, les sprockets, soient bien en phase avec les dents de la molette d’entraînement. Lorsque l’on referme le dos, une plaque vient faire pression pour assurer la planéité du film.
On avance deux ou trois fois en poussant le levier d’armement et en déclenchant dans le vide, jusqu’à ce que le compteur de vues se positionne sur le 1, et le tour est joué.

Trois bagues sont disposées autour de l’objectif : la bague des ouvertures, la bague des vitesses et celle des distances. Les réglages principaux vont s’opérer en manipulant ces trois bagues.

Utiliser l’appareil en mode automatique

Pour utiliser l’appareil en mode auto, vous devez avant tout vous munir d’une pile (équivalente à la pile de 1,35V au mercure requise à l’origine), et disposer impérativement d’un appareil doté d’une cellule fonctionnelle. C’est à dire qu’elle doit non seulement réagir à la lumière, mais également donner une estimation juste, précise, de la lumière disponible. Ce n’est jamais gagné avec un appareil de ce type, vieux de plusieurs décennies. Généralement vous ne serez fixé qu’après avoir introduit la pile dans son compartiment et avoir procédé à quelques tests, en jugeant de la cohérence des indications données par la cellule, ou en vérifiant leur exactitude avec une cellule à main.

Pour basculer en mode auto, il faut simplement tourner les bagues de réglage des vitesses et d’ouvertures, de façon que les deux A soient alignés avec le trait présent sur le bord de l’objectif. L’appareil va déterminer les paramètres d’exposition en se fiant à sa cellule. Il ne vous reste qu’à faire la mise au point.

Mode manuel

La bonne nouvelle, c’est que la pile ne sert qu’à alimenter la cellule. Le Minolta Hi-Matic 7S déclenche sans problème même s’il n’est pas alimenté. Un exemplaire souffrant d’une cellule défectueuse peut malgré tout rester parfaitement utilisable, si l’on s’en sert en réglant manuellement l’exposition.

Pour désengager le mode automatique, tournez simplement les bagues de réglage de façon à quitter la position A. Sélectionnez alors les valeurs d’exposition, ouverture et vitesse, qui vous conviennent. Soit vous êtes un as capable d’estimer avec précision la lumière ambiante sur la scène que vous photographiez, soit vous préférez confirmer votre impression à l’aide d’une cellule à main.

Visée et mise au point

Le viseur du Minolta Hi-Matic 7S est clair et spacieux. Une aiguille se positionne à droite pour vous indiquer la valeur EV retenue par la cellule. C’est cette valeur, reportée sur une petite fenêtre placée sur le haut de l’objectif, qu’il vous faut théoriquement chercher à obtenir en choisissant un couple vitesse/diaphragme. Le nombres défilent dans un sens ou l’autre à mesure que vous tournez les bagues.

La mise au point s’opère en tournant la bague des distances. L’image qui se découpe et se dédouble dans le rectangle centrale doit coïncider avec le fond observé dans l’ensemble du viseur. Il est parfois difficile d’effectuer une mise au point millimétrée avec ce système qui caractérise tous les appareils télémétriques de la même trempe, produits à la même époque.

Une option alternative consiste à prérégler la distance adéquate en tournant la bague sur la valeur de votre choix, et à fermer le diaphragme si la lumière le permet, pour bénéficier d’une zone de netteté assez large, dans laquelle vous essayez de placer votre sujet. Une technique souvent utilisée par les photographes de rue notamment, qui s’efforcent d’agir rapidement et de rester discrets.

Fonctions complémentaires

Le Minolta Hi-Matic 7s comprend quelques autres fonctions notables, parmi lesquelles :

  • L’incontournable griffe porte flash perchée sur le dessus
  • Le tout aussi indispensable pas de vis permettant une fixation sur trépied
  • La pose B (Bulb)
  • La correction de la parallaxe, une vraie valeur ajoutée qui, elle, n’était pas intégrée systématiquement sur tous les boîtiers du même type. Lorsque vous tournez la bague des distances, les repères pour la composition et le cadrage bougent et restent toujours fiables.
  • Le retardateur, activé via un levier qui n’est pas situé directement sur le devant du chassis, comme c’est le cas sur nombre d’appareils équivalents, mais placé sur l’objectif directement. Le déclenchement se fait après 10s.
  • Le chargement du film est censé être facilité par un système baptisé SLS (Safety Loading Signal). Un point relativement anecdotique qu relevait probablement d’un argument de vente à l’époque.
Le Minolta Hi-Matic 7S n'est pas le plus léger ou le moins encombrant de sa catégorie mais il est équipé d'une belle optique, et reste opérationnel en mode manuel, même sans pile.

Le Minolta Hi-Matic 7S n’est pas le plus léger ou le moins encombrant de sa catégorie mais il est équipé d’une belle optique, et reste opérationnel en mode manuel, même sans pile.

Verdict

Le Minolta Hi-Matic 7S est un beau boîtier télémétrique des années 1960 qui se démarque, tout comme le Minolta Hi-Matic 9, un de ses successeurs, par une bonne optique lumineuse, et une excellente qualité de fabrication.

Si l’on ajoute à ces qualités le fait qu’il reste complètement utilisable en mode manuel, sans pile ni cellule, on ne saurait que le recommander. D’autant qu’il est souvent proposé à des prix plus accessibles que bon nombre de ses congénères.

Avantages et inconvénients du Minolta Hi-Matic 7S

On aime

  • Design particulièrement réussi
  • Qualité de fabrication
  • Optique lumineuse
  • Correction de la parallaxe
  • On aime moins

  • Bagues des ouvertures et des vitesses relativement serrées, pas toujours évidentes à manipuler
  • Course du levier d’armement un peu longue, qui décontenance un peu
  • Pas d’ergot sur la bague de mise au point
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