Appareils photo vintage

5 symptômes du collectionneur maladif



Vous aimez les appareils photos anciens, au point d’accumuler d’innombrables modèles ? Vous n’utilisez pas tous ces vieux boîtiers régulièrement, mais vous les chérissez tous, et vouez même un véritable culte à certains ? Alors vous vous reconnaîtrez probablement à travers ces cinq signes, que dis-je ? cinq symptômes trahissant le mal dont vous souffrez : une forme de collectionnite aïgue qui vous fait presque perdre la raison.

Vous rencontrez quelques problèmes de rangement

Dans les premiers temps, vous parveniez à contenir votre passion dans un espace relativement restreint. Vos quelques appareils étaient soigneusement alignés sur un bout d’étagère, occupaient un seul étage dans votre placard, ou bien remplissaient un unique tiroir.
Oui mais voilà, les rangs de vos appareils grossissant régulièrement avec le temps, vous êtes contraint de repenser sans cesse votre organisation afin d’éviter le débordement et d’empêcher que tout cela ne dégénère en un vaste bordel.
Vos proches vous reprochent d’empiéter sur l’espace disponible au sein du foyer. Vous-même pestez très régulièrement parce que vous ne parvenez pas à remettre la main immédiatement sur tel accessoire photo, tel appareil que vous pensiez avoir rangé là, entre cette boîte à chaussures pleine de tirages de lecture, et cette autre qui contient les optiques de votre Canon AE1.

Vous ne savez jamais quels appareils mettre dans votre sac

Faire votre sac photo vous donne des maux de tête phénoménaux.
Vous hésitez constamment entre ce vieil appareil photo, compagnon de route increvable qui ne vous a jamais déçu, et un modèle entré plus récemment dans votre collection, avec lequel vous aimeriez faire une ou deux pellicules.
Ou bien vous êtes tiraillé entre ce boîtier polyvalent, sûr et fiable, et cet autre appareil plus loufoque mais qui vous permettra à coup sûr de faire des images saisissantes…
Ou bien encore vous aimeriez emporter cet appareil que vous adorez utiliser, mais vous vous demandez si c’est un bon choix, au regard de l’environnement dans lequel vous allez vous trouver et du type de photos que vous allez faire sur place.

Tiraillé entre plusieurs formats, plusieurs modèles, vous avez l’impression d’être confronté à des choix cornéliens. D’abandonner, de trahir, presque, les appareils que vous allez laisser derrière vous.
Une chose est sûre, vous emporterez plusieurs appareils, deux ou trois peut-être. Quatre serait déraisonnable. Encore que… Oui mais lesquels ? Question qui ne trouvera réponse qu’au dernier moment, lorsque vous serez sur le départ, après vous avoir causé bien du tourment.

Vous possédez plusieurs appareils quasi-identiques, ou des versions d’un même modèle avec des différences minimes

En collectionneur invétéré, vous êtes capable d’acquérir des modèles extrêmement proches l’un de l’autre, voire même les variantes d’un même modèle. Tenez, moi qui vous parle, par exemple… heureux possesseur d’un Minolta Hi Matic 9, cela ne m’a pas empêché de mettre la main sur un Minolta Hi Matic 7S, son aîné de quelques années, quand l’occasion s’est présentée. Les différences sont si anecdotiques qu’à froid, comme ça, je ne suis même pas certain de pouvoir les énumérer. En fait j’aime tellement le Minolta Hi Matic 9 que je n’ai pas pu résister au plaisir d’acheter un modèle de la même famille.

Si vous vous situez à un stade avancé de la maladie, vous vous surprendrez peut-être même à posséder plusieurs exemplaires d’un même appareil. C’est mon cas avec le Minolta XG-M. Je l’ai en double. Oui, mais attendez, j’ai une excellente excuse : on me les a donnés ! Don-nés!
J’ai aussi deux Olympus Trip, achetés l’un après l’autre. Oui mais ils ne sont pas 100% identiques : sur l’un des deux le déclencheur est noir ! J’ai acheté le second pour une bouchée de pain, en pensant spéculer sur une revente future… mais finalement je ne l’ai toujours pas revendu.

Vous vous emmêlez parfois les pinceaux entre plusieurs modèles d’un même type

Vous possédez plusieurs appareils de la même famille, par exemple, plusieurs petits télémétriques, ou bien plusieurs TLR. Leur fonctionnement recouvre souvent des similitudes, mais est rarement rigoureusement identique. Et cela vous joue des tours.
Au mieux, vous avez des doutes sur le fonctionnement d’un appareil. Vous les dissipez en consultant le mode d’emploi ou le manuel de l’appareil, que vous retrouvez après un temps de recherche sur le web. Au pire, vous vous plantez et ratez vos photos à cause d’une erreur de manipulation.
Jugez plutôt de mon expérience… J’ai foutu en l’air plusieurs pellicules avec mon Yashica Mat 124G parce que je chargeais mal le film. Je le faisais passer sous une barre métallique présente à l’intérieur du boîtier, au lieu de le faire passer par dessus. Une habitude héritée de mon Rolleiflex 2.8D, avec lequel le film doit être passé sous une barre.
Lorsque j’ai récupéré mes films au labo, je n’ai pas vu tout de suite le problème. C’est en scannant mes négatifs que j’ai découvert des images étrangement traversées par de fines lignes verticales, courant de bout en bout. Chaque fois que j’avançais le film avec mon Yashica mal chargé, il était en fait gratté très légèrement par cette barre, avec laquelle il se trouvait en contact direct. Un erreur qui a causé des dégâts irrémédiables sur mes films, et qui explique l’origine de ces traits sur mes images.

Là tout de suite, vous êtes incapable de vous séparer de vos protégés

Un jour viendra ou vous revendrez une partie de votre collection. Conserver tous ces appareils, ça n’a pas beaucoup de sens, dans le fond, vous en convenez. Et d’ailleurs au final, vous ne vous servez pas de tous ces appareils régulièrement. C’est impossible. Allez, soyons honnêtes, vous ne vous servez même pas de 80% d’entre eux, en vérité.
La plupart prennent la poussière sur une étagère, ou bien sont soigneusement rangés au fond d’un grand tiroir. Vous les sortez parfois pour les montrer, pour le plaisir de les tenir en main, les manipuler amoureusement, mais vous les chargez au final rarement avec du film pour une sortie sur le terrain. Dans l’absolu, vous pourriez vous en séparer. Et en tirer quelque profit pour acheter -pourquoi pas ?- du matériel dont vous avez réellement besoin (et pas d’autres appareils vintage, hein, entendons-nous bien). Oui, vous pourriez. Seulement voilà, vous ne vous sentez pas prêt, n’en avez pas encore un besoin impérieux.
Même si vous avez besoin de place ou de fonds, vous trouvez toujours une solution autre que la revente. Cela viendra, sans doute, oui, plus tard. Mais pour le moment ça peut encore attendre… longtemps.

Si vous vous reconnaissez dans les caractéristiques listées plus haut et que vous partagez même certains travers que je vous ai confiés, c’est que vous souffrez du même mal que moi. Vous êtes un collectionneur insatiable, obsessionnel, maladif, presque. Je n’ai pas à ce jour de remède, ni de cure pour venir à bout de ces fâcheuses habitudes. A vrai dire, je ne suis même pas tout à fait sûr de vouloir me soigner pour le moment. Consolez-vous en vous disant que vous n’êtes pas seul…

2 commentaires

  • JB Maillet

    Oui, c’est pas mal ça. Par exemple j’en suis a 6 Olympus XA* et je ne prévois pas de m’arrêter. Le plus terrible pour moi est le déchirement au moment de charger une nouvelle pellicule: je re-prends cet appareil, que j’aime, ou qui mérite un second rouleau, ou bien j’essaye celui-ci, qui n’a pas encore eu ça chance. Dans les 2 cas, c’est une trahison et il y a une tristesse certaine…

    Un appareil est fait pour shooter, tout comme un instrument de musique est fait pour être joué, *pas* pour rester sur une étagère a prendre la poussière, et j’éprouve de la culpabilité a ne pas utiliser tous ceux de ma collection – c’est aussi la raison pour laquelle j’ai refuse de me définir comme « collectionneur » pendant aussi longtemps. Mais nier la réalité ne la fait pas disparaitre.

    Ce déchirement est tel que j’ai pense prêter mes appareils a d’autres amateurs, pour que ceux-ci (les appareils, pas les amateurs) vivent et shootent. Mais qui? Pas trop avancés de préférences, pour que l’appareil soit utilise a bon escient (valeur pédagogique), mais pas trop débutants non plus, pour qu’il n’y aie pas de risque de mauvaise utilisation… Un autre choix, tout aussi déchirant.

    Bref: le GAS, c’est la m*rde!

    • Romain

      6 fois le même modèle d’appareil ? Ahaha, balèze… en tout cas ça me fait bien plaisir de voir que je ne suis pas tout seul dans ce délire.

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