5 points pénibles avec la photo argentique

23 février 2017
L'Olympus 35 SP est un des télémétriques que je prends beaucoup de plaisir à utiliser.

Alors comme ça, vous avez l’intention de vous mettre, ou de vous remettre peut-être, à la photo argentique ? Etes vous bien sérieux, êtes vous prêt(e) à tous les sacrifices que cela implique ? A renoncer au confort du numérique ? Pour vous en assurer, voici une petite plongée dans les galères quotidiennes des amoureux d’argentique. Si après ça vous êtes toujours d’attaque, c’est que cette voie est faite pour vous.

Des erreurs possibles à tous les niveaux

Le plus souvent, avec le numérique, on prend quelques photos puis on passe en mode lecture pour regarder tout de suite sur son écran le rendu de ses images, et ajuster si besoin. En argentique vous ne disposez pas de ce confort, et risquez en fait de vous planter à différents moments entre la prise de vue et le développement.

Il y a une possibilité pour que vous ratiez la prise de vue et que vous ne vous en apercevrez pas tout de suite. Vous risquez de comprendre vos erreurs sur le tard, après plusieurs poses (cas d’un mauvais réglage) ou, plus grave encore, quand vous récupérerez votre négatif et commencerez à l’exploiter.

Mais il est aussi possible d’assurer la prise de vue et de ne pas parvenir pour autant à obtenir un négatif correct. Négligence du labo à qui vous avez confié votre film, ou bien raté de votre côté si vous prenez en charge le développement de votre film… je pourrais vous parler de cette fois où, sur le point de débuter un développement maison dans ma cuisine, j’ai distraitement rouvert la cuve contenant un film noir et blanc fait en Islande, mais l’écume me monte aux lèvres et mes yeux s’embuent. Tous les photographes pratiquant l’argentique ont des histoires de photos foutues.
Tant que vous ne tenez pas votre négatif entre les mains, le doute subsiste en argentique.

Impossible de changer de film en cours de route

Avec le numérique vous pouvez, d’une photo à l’autre et à tout moment, changer la sensibilité du film pour vous adapter à la situation. Vous pouvez aussi passer votre image en noir et blanc en post-production. Avec l’argentique, vous ne disposez malheureusement pas de la même souplesse. Les choix sont plus engageants. Vous devez réfléchir avec soin au film que vous allez charger dans votre boitier. Impossible en effet de faire marche arrière une fois que vous aurez entamé votre pellicule.Si vous ouvrez l’appareil le film sera bien évidemment voilé, inexploitable. Vous ne pourrez pas changer la sensibilité du film en cours de route, ni alterner entre couleur et Noir et blanc.

La photo argentique revient cher

Un des grands avantages et plaisirs que procure l’argentique réside dans l’opportunité de faire l’acquisition de matos photo très qualitatif, avec des boîtiers et des optiques merveilleux, pour des coûts raisonnables ou tout à fait intéressants. La plupart du temps le matériel est disponible à des prix bien plus abordables qu’à l’époque de sa mise sur le marché.

Il n’y a pas, comme avec le numérique, ce coûteux appareil dernier cri qui perd vertigineusement de sa valeur dans les années qui suivent sa sortie. Bon, mais pour autant l’argentique revient cher. Très cher, même.

Ce qui vous met dedans, concrètement, ce sont les consommables, bien sûr. Les pellicules vous demanderont un budget régulier, mais vous devrez aussi prendre en compte le développement des photos : produits et chimie si vous vous en occupez vous-même, ou bien les frais de service si vous les confiez à un labo. Et puis viennent encore les tirages…

Lenteur des procédés en argentique

Commencer puis finir sa pellicule, l’amener au labo, aller récupérer ses travaux… Scanner ses négatifs, retoucher ses photos, les traiter numériquement, les préparer pour l’impression… Envoyer ses fichiers en impression, les récupérer…

Pour les plus acharnés, tirer ses photos en chambre noire, et multiplier les essais autour d’une photo pour trouver les réglages adéquats et obtenir LA photo papier qui donne satisfaction…
Vous voyez où je veux en venir : à chaque étape, sur tous les plans, la photo argentique demande un temps fou. C’est une affaire de passionnés, qui prennent le temps de faire les choses. Ceux qui cherchent l’efficacité, la rapidité d’exécution n’ont aucune raison de sortir du numérique, qui a apporté en matière de photographie un gain de temps précieux.

Avec le numérique, vous pouvez dans la même journée faire des photos et les envoyer à l’autre bout du monde. Avec l’argentique, c’est possible aussi dans l’absolu… mais il va falloir y consacrer toute la journée et vous lever de bonne heure.

L’archivage

Que faire de vos précieux négatifs ?
Sur le long terme, avec une pratique régulière de la photo argentique, vous allez vous retrouver avec des masses de négatifs à archiver dans des classeurs. Pour bien faire les choses il vous faudra les annoter, dater les prises de vues, conserver une trace des conditions de développement (révélateur, température, durée du développement), de prises de vues (appareil utilisé, optiques, film…). Le pire est que vos films sont promis à une lente dégradation. Ils ne traverseront pas les siècles mais subiront les outrages du temps et seront soumis à tous types de dangers (incendie, moisissures)…

Une précaution utile consiste à les scanner. Vous obtenez une trace numérique, qui peut être dupliquée, et qui est susceptible de traverser les époques.

Conclusion – La photo argentique : pour qui ? Pourquoi ?

Voici donc un petit tour des épreuves quotidiennes qui guettent le photographe épris d’argentique. En cherchant bien, on peut en trouver d’autres encore, la liste n’est pas exhaustive. Le photographe qui parvient à surmonter ces difficultés et à dompter l’argentique n’en a que plus de mérite, et en retire même une certaine forme de gratification.

Parce qu’elle demande rigueur et persévérance, la photo argentique est aussi et surtout une excellente école qui aura des effets positifs sur votre pratique de la photographie au global.

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4 commentaires

  1. Cher, l’argentique? Reste à voir. Combien coût un réflex numérique de qualité, les objectifs, l’ordinateur, et à la rigueur l’imprimante?
    La peloche en bobine de 30 m est économique. Développer soi-même est économique. Et le résultat est incomparable. En numérique, entre le 0 et le 1, c’est le vide. Le sel d’argent est beaucoup plus souple.

  2. « Impossible de changer de film en cours de route »: niet camarad.

    Soit en prenant 3 appareils chargés en N&B, couleur, diapo, soit en prenant un moyen format (ex Kiev 88) avec 3 dos chargés idem.

    Et puis quand même, peut être surtout, il faut bien se dire que le fait de pouvoir changer de film (capteur) sur un même appareil n’est pas une limitation, mais au contraire une avantage tout simplement impensable en numérique – je crois me souvenir qu’on peut changer de capteur sur les corps fovéon de sigma, mais a part ça c’est fini une fois pour toute – un appareil = on est marié a un capteur.

    1. Bien vu effectivement, j’oubliais un peu vite les Kiev 88 et autres Hasselblad… Notons quand même que jouer avec plusieurs dos ou plusieurs appareils chargés avec des films différents peut poser des soucis de logistique. En situation de déplacement ça alourdit tout de suite le sac photo !

  3. Ce sont deux philosophies différentes, et bien entendu incomparable.

    Evidement, il y a les amoureux du numérique, mais bon ….

    A mon sens rien ne vaut un cliché argentique. Il y a un je ne sais quoi, une âme que le numérique ne peut reproduire.

    J’ai vu la même photo prise avec un argentique et un numérique. Celle en argentique avec ce truc en plus.

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