Rassurez-vous, vous n'avez pas besoin d'un doctorat en chimie pour manipuler les différents produits utilisés dans le cadre du développement photo.

Préparer les chimies pour le développement



Nous avons listé, précédemment, le matériel requis pour procéder au développement des films noir et blanc chez soi. Nous pouvons aborder à présent la partie suivante : la préparation des chimies. Les solutions chimiques vont jouer un rôle déterminant dans l’obtention d‘un négatif de qualité… Je vous donne la méthode que j’applique régulièrement pour traiter mes films à la maison.

Lors de la prise de vue, les sels d’argent présents dans l’émulsion du film réagissent à la lumière entrant dans l’appareil au moment de l’obturation. Le processus du développement va consister à révéler ces zones plus ou moins claires définies par la réaction des sels d’argent, puis à les fixer sur le film. Celui-ci ne sera alors plus sensible à la lumière. Il livrera, sous forme de négatif (les parties sombres correspondent aux parties claires de la photo, et vice versa), les images capturées lors de la prise de vue et qui deviennent exploitables par la suite, via un agrandisseur ou un scanner.

Les chimies, le matériel, et quelques recommandations

Le processus de développement implique l’utilisation de plusieurs produits chimiques. Les voici, classés par ordre d’intervention :

  • Le révélateur
  • Le bain d’arrêt
  • Le fixateur
  • L’agent mouillant

Les produits absolument indispensables dans cette liste sont le révélateur et le fixateur. Vous pouvez éventuellement composer sans les deux autres, mais attention toutefois : ces produits n’ont rien de superflu. Ils permettent d’optimiser les conditions du développement, afin d’obtenir un bon négatif. Mieux vaut mettre toutes les chances de votre côté si vous voulez faire les choses proprement.

Sur le plan du matériel, à ce stade nous aurons besoin :

  • D’éprouvettes graduées pour mesurer les volumes de liquide. Il vous en faut au moins une.
  • De petits bidons ou de bouteilles d’eau minérale de 50 cl dans lesquels laisser reposer nos préparations. Il vous en faut au moins trois.

Quelques conseils avant de vous lancer dans la préparation des différentes chimies :

  • Préparez vos solutions chimiques et dilutions plusieurs heures à l’avance. J’essaye pour ma part de préparer les produits au moins 24 heures avant de me lancer dans un développement. Je les retourne plusieurs fois pour bien assurer le mélange.
  • Préparez vos solutions dans un endroit clean, sans saleté ni poussières
  • Veillez à ce que les récipients et conteneurs que vous allez utiliser soient bien propres. Ils ne doivent contenir aucun résidu chimique de votre dernier développement, et ne doivent pas non plus avoir pris la poussière.
  • Si vous n’avez qu’un seul boc gradué pour préparer les diverses solutions, lavez-le et rincez-le à l’eau claire entre chaque préparation.

Le révélateur

Le révélateur fait apparaître en négatif les images exposées sur le film. Son action révèle des zones sombres (ayant été soumises à une bonne quantité de lumière, elles correspondront aux parties claires de l’image finale) et des zones plus claires (qui n’ont pas reçu autant de lumière, elles correspondront aux parties moins exposées, plus sombres de l’image). Les premières contiennent davantage d’argent métallique que les secondes.
Il existe de nombreux révélateurs, qui ont chacun leurs propres caractéristiques et une influence déterminante sur le développement du film. Fiez-vous à des références connues et reconnues.
Le D76 ou le Xtol, chez Kodak, sont par exemple des classiques.

La plupart des révélateurs s’achètent sous forme de poudre. Ils nécessitent d’être dilués dans une large quantité d’eau pour obtenir une solution chimique qui pourra ensuite être utilisée.

Prenons le cas du D76, le révélateur auquel j’ai le plus souvent recours. Il s’achète notamment en sachets permettant de préparer 1 ou 3 litres de solution. Les instructions sont au dos du sachet. Cette étape est simple : on mesure la quantité appropriée d’eau chaude, que l’on verse dans un récipient (une bouteille d’un litre, ou un bidon pouvant contenir trois litres par exemple), puis on verse lentement la poudre contenue dans le sachet tout en remuant pour assurer la dilution. On laisse après cela reposer la solution, 24 heures au moins.

Il y a deux méthodes principales pour l’utiliser par la suite. En “full stock”, c’est à dire en reprenant directement le liquide que vous avez préparé. Ou bien dilué, en mélangeant ce liquide à parts égales avec de l’eau, ce qui nous donne le rapport “1:1”.

Le temps de développement, durant lequel le film va rester immergé dans le révélateur, va dépendre du type de dilution choisi (“full stock” ou “1:1”) et de la température du révélateur. Je prépare systématiquement des bains de 500 ml, qui conviennent tant aux films 135 qu’aux films 120. Pour préparer 500 ml de D76 dilué dans des proportions 1:1, je mélange donc très logiquement 250 ml de la solution obtenue précédemment (eau + sachet de poudre) avec 250 ml d’eau du robinet.

La plupart des gens préfèrent travailler en “1:1” car on allonge un peu le temps de développement, et surtout, c’est plus économe. Avec 1 litre de révélateur, vous faites soit deux développements de 500 ml en « fullstock », soit quatre développements de 500 ml en dilution « 1:1 », ce qui est plus avantageux.

Le bain d’arrêt

Le bain d’arrêt met un terme à l’action du révélateur. Ce produit contient une concentration d’acide acétique à hauteur de 2% environ. Certains bains d’arrêt se distinguent par un colorant jaune, qui vire au bleu/violet quand le produit est périmé. C’est le cas de la solution Indicet, de Tetenal, que j’utilise régulièrement. Il se dilue de la façon suivante : un volume de produit pour 19 d’eau. Concrètement, je dilue donc 25 ml de ce liquide jaune dans 475 ml d’eau pour préparer mon bain d’arrêt.

Il est possible, quoique déconseillé si vous voulez travailler dans les règles de l’art, de n’utiliser que de l’eau pour rincer et évacuer le révélateur. Encore une fois, c’est à vos risques et périls.

Le fixateur

A ce stade, une image négative est apparue sur le film mais ce dernier n’est pas encore stabilisé, il contient encore de l’argent métallique. Par conséquent il est encore trop tôt pour le sortir de la cuve, il reste sensible à la lumière.

L’étape suivante est donc une autre étape cruciale. Le fixateur va dissoudre les sels d’argent (cristaux d’halogénure d’argent) restants. Les parties du film qui n’ont pas été exposées et sont complètement noires deviennent alors parfaitement transparentes.
Il existe plusieurs fixateurs. J’ai pris l’habitude de travailler avec le révélateur Rapid Fixer d’Ilford. Il se dilue comme suit : 1 volume de fixateur pour 4 d’eau, ou 1 volume pour 9 d’eau. Dans ce second cas vous prolongerez la durée du bain.
Là aussi, pas besoin d’être un grand scientifique pour faire ce calcul : je mélange 100 ml de fixateur à 400 ml d’eau pour obtenir les 500 ml dont j’ai besoin pour ce bain. Je pourrais également le diluer à raison de 50 ml de fixateur pour 450 ml d’eau.

L’agent mouillant

Rien à voir ici avec les précédents produits. Celui-ci ne nécessite pas franchement de préparation. La seule chose que vous avez à faire, c’est de l’avoir à portée de main quand vous développez. L’agent mouillant s’utilise quasiment au compte goutte ! Il s’agit d’en laisser tomber quelques-unes dans un dernier bain d’eau (déminéralisée si possible). L’agent mouillant va aider l’eau à s’évacuer lorsque vous mettrez votre film à sécher, et éviter qu’elle ne forme des tâches de calcaire sur la pellicule. J’utilise du Mirasol 2 000 Antistatic, produit par Tetenal.

… et voilà !

Ça y est. Vos préparations chimiques sont prêtes. Rangées en ordre de bataille, dans leurs bidons et bouteilles, elles n’attendent plus que le coup d’envoi du développement.
Nous verrons dans un prochain article comment se déroulent les différentes étapes du développement lui-même, en vue d’obtenir votre négatif noir et blanc. Nous découvrirons les gestes à suivre, les calculs à effectuer, les techniques et précautions à appliquer.

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