Une cuve de développement photo Patterson, complète avec ses différents éléments.

Développer ses photos argentiques : le matériel



Dans un article précédent, nous avons vu de multiples raisons de procéder soi-même au développement de ses pellicules, au moins pour les films noir et blanc. Le développement de ce type de films est en effet plus accessible, plus aisé, que celui des films couleurs. Nous allons voir à présent quel est le matériel requis pour développer ses pellicules noir et blanc par ses propres moyens, à la maison.

L’équipement pour le développement photo comporte plusieurs éléments. Certains sont indispensables, et d’autres et d’autres font office de compagnons qui ont aussi leur utilité et complètent la panoplie, sans être aussi importants ou nécessaires toutefois.

Commençons par la base, le matériel élémentaire.

La cuve de développement

La cuve est le contenant dans lequel vous allez enfermer votre pellicule, à l’abri de la lumière. La pellicule y est soumise à plusieurs bains de chimie successifs qui correspondent aux différentes étapes du développement.

La cuve s’accompagne toujours de sa spire, sur laquelle il vous faut placer le film, opération délicate pour le néophyte. La spire s’introduit ensuite dans la cuve et se fixe à l’intérieur de celle-ci.
Un conduit interne permet de diffuser les solutions chimiques dans la cuve sans jamais que l’intérieur de celle-ci soit exposé à la lumière.

Lorsque la pellicule est immergée dans un des bains, un couvercle se met en place pour éviter que les produits ne s’échappent lors des agitations.

Le thermomètre de précision

Son rôle est crucial. Il permet de vérifier la température des différentes solutions chimiques avant de démarrer le développement. Le thermomètre doit nécessairement être précis dans sa graduation, et donner la température au degré près. Car la température du révélateur est un des paramètres principaux à prendre en compte pour le calcul du temps de développement.

Voici un thermomètre capable de donner la température du révélateur avec une grande précision. Parfait pour le développement photo.

Voici un thermomètre capable de donner la température du révélateur avec une grande précision. Parfait pour le développement photo.

Les pinces de séchage

Elles vont par deux, et permettent de suspendre la pellicule pour la mettre à sécher, une fois passées les différentes étapes du développement. L’une, en forme d’hameçon, permet d’accrocher le film à un support. L’autre se place tout en bas de la pellicule et sert de leste. La pellicule doit en effet sécher en position tendue. Il est important de récupérer un négatif qui ne soit pas gondolé mais aussi plat que possible. Sans quoi le film sera plus difficilement exploitable.

L’éprouvette graduée

L’éprouvette graduée va vous permettre de préparer les différentes solutions chimiques avec précision, en mesurant les quantités. Dans l’absolu, vous pourriez le remplacer par le verre gradué qui se trouve traditionnellement dans la panoplie de tout cuisinier ou toute cuisinière digne de ce nom. Mais bon… produits chimiques dangereux pour la santé et aliments ne font pas bon ménage, même si vous rincez scrupuleusement votre matériel. De plus, ces éprouvettes présentent l’avantage considérable de ne pas éclater en mille morceaux si elles vous échappent des doigts.

La température a une incidence sur le temps de développement, et les quantités de produits également. Une éprouvette graduée vous aidera à bien mesurer les volumes.

La température a une incidence sur le temps de développement, et les quantités de produits également. Une éprouvette graduée vous aidera à bien mesurer les volumes.

Cuve de développement complète avec ses différents éléments, thermomètre précis, éprouvette graduée, pinces de séchage… Voici le matériel incontournable pour se passer des services d’un labo photo et développer ses pellicules tout seul, comme un grand, à la maison.

Intéressons nous maintenant aux autres accessoires utiles pour le développement. Vous pouvez faire sans eux, mais ils vous apporteront un certain confort pour le développement de vos pellicules.

La pince ou raclette de rinçage

Revenons à l’étape évoquée plus haut, lorsque la pellicule est mise à sécher après le dernier bain de rinçage. De l’eau coule encore souvent sur les bords et ne s’evacue pas toujours correctement. Elle risque alors de laisser des petites traces de calcaire bien pénibles pour la suite des événements. Discrètes, elles maculeront toutefois les pellicules et ruinent clairement les images à l’agrandissement. Le film devra être lavé de nouveau pour retirer ces traces.

C’est là qu’interviennent la pince ou la raclette de rinçage. Ses bords sont en caoutchouc, on la passe sur la longueur de la pellicule pour en chasser l’eau. Certains apprécient cet ustensile. D’autres crient au danger et alarment sur les risques de rayer son film, si la pince n’est pas d’une propreté irréprochable et en parfait état. Personnellement, j’aurais tendance à faire partie de la seconde catégorie. Faire glisser délicatement le film entre son index et son majeur, sur toute la longueur, est bien suffisant.

Décriée par certains, jugée utile par les autres, la pince de rinçage doit être maniée avec précaution.

Décriée par certains, jugée utile par d’autres, la pince de rinçage doit être maniée avec précaution.

Le bidon de conservation

Autre élément qui sans être indispensable, s’avère fort pratique : le bidon accordéon. Il n’intervient pas directement dans le développement proprement dit mais sert à conserver les différentes solutions chimiques. Celles-ci ne se conservent pas indéfiniment en effet, mais sur des périodes plutôt courtes . Au contact de l’air et de la lumière, elles s’oxydent, se corrompent et deviennent impropres au développement. Les bidons aident à les préserver dans les meilleures conditions et prolongent d’autant leur durée de vie.

Les bouteilles graduées

Les bidons servent à stocker les solutions chimiques, les bouteilles graduées peuvent quant à elles servir de récipient servant à préparer les produits en vue d’une utilisation rapide. On peut s’en passer en ayant recours à des bouteilles d’eau minérale vides, après les avoir rincées. Par exemple, j’utilise souvent des bouteilles de 50 cl dans lesquelles je verse, après les avoir mesurés avec l’éprouvette graduée, le révélateur “stock” puis l’eau pour la dilution. Par exemple, dans une petite bouteille de 50cl, je verse 250ml de D76 puis 250 ml d’eau pour obtenir une solution D76 1:1 (un volume de révélateur pour un volume d’eau).

Conclusion

Cette liste peut paraître impressionnante au premier abord, mais encore une fois, sachez que tous ces éléments ne sont pas indispensables pour développer vos photos noir et blanc dans de bonnes conditions. Retenez surtout qu’une cuve complète, avec ces différentes parties, un thermomètre, une épuisette graduée et une paire de pince de séchage forment le matériel fondamental pour vous lancer dans le développement d’une pellicule.

Enfin, bonne nouvelle : on trouve facilement des kits de développement qui regroupent tout le nécessaire pour le développement photo. Cela reste la meilleure option pour être sûr de ne rien oublier.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.